ANTHROPIC EST LA CIBLE DE L’ACTION DE SONY ET WARNER

Sylvain

La rencontre entre musique et intelligence artificielle atteint une nouvelle fois les tribunaux. Sony Music Publishing et Warner Chappell Music, rejoints par des sociétés affiliées, ont porté plainte contre Anthropic, responsable de l’assistant IA Claude.

La plainte a été déposée vendredi 28 août devant la Cour fédérale du district nord de Californie, aux États-Unis. La pétition fait 48 pages et nomme également le co-fondateur et PDG d’Anthropic, Dario Amodei, et le co-fondateur Benjamin Mann comme défendeurs. Au total, le document répertorie 35 sociétés liées aux catalogues gérés par Sony et Warner.

Ce que prétendent les éditeurs

Selon les sociétés, Anthropic avait obtenu de grandes quantités de matériel protégé par le droit d’auteur via des torrents, des téléchargements et une collecte automatisée de contenu sur Internet, une pratique connue sous le nom de scraping.

L’acte d’accusation indique que des livres contenant des paroles et des partitions ont été téléchargés à partir de bibliothèques numériques piratées. Il affirme également que les paroles ont été collectées auprès de services ayant des accords de licence avec des éditeurs, en plus des bases de données utilisées pour entraîner les systèmes d’intelligence artificielle.

Les éditeurs affirment qu’une partie de ce contenu a été intégrée à la formation des modèles Claude. En conséquence, le système serait capable, dans certaines situations, de présenter des passages identiques ou très proches des paroles originales demandées par les utilisateurs. Ces déclarations devront encore être évaluées au cours du processus.

Parmi les compositions évoquées figurent des succès connus du public.

Des éditeurs, pas des maisons de disques

Bien que l’affaire concerne des marques bien connues de l’industrie musicale, l’action a été intentée spécifiquement par Sony Music Publishing et Warner Chappell Music, responsables de l’administration et des licences des compositions musicales.

Cela signifie que le litige porte sur les droits liés aux paroles, aux mélodies et aux partitions, et pas seulement sur les enregistrements commercialisés. La même chanson peut avoir des droits différents sur sa composition, ses paroles et son enregistrement réalisé par un artiste spécifique.

La valeur pourrait atteindre des milliards

Les éditeurs demandent une indemnisation prévue par la loi américaine, pouvant aller jusqu’à 150 000 dollars par composition dont il est prouvé qu’elle a été intentionnellement contrefaite. Jusqu’à 25 000 dollars américains sont également demandés par incident lié à la suppression ou à la modification présumée d’informations identifiant les auteurs et les titulaires de droits.

L’acte d’accusation faisant état de dizaines de milliers d’œuvres, l’exposition financière théorique pourrait atteindre plusieurs milliards de dollars. Le montant final dépendra de la preuve des accusations, du nombre de concordats reconnus par le tribunal et de l’indemnité éventuellement fixée dans chaque cas.

Outre une compensation financière, les sociétés demandent qu’Anthropic présente des informations sur les données utilisées dans la formation de Claude, élimine les copies considérées comme irrégulières et ne puisse continuer à utiliser les œuvres sans autorisation. Les plaignants ont également demandé que l’affaire soit jugée par un jury.

Ce que dit Anthropique

Anthropic a publiquement rejeté les allégations. Dans une note envoyée à la presse, la société a déclaré qu’elle n’était pas d’accord avec les allégations des éditeurs et qu’elle entendait présenter une défense ferme devant le tribunal.

Un différend qui s’amplifie

Le nouveau cas intègre une séquence de processus impliquant l’utilisation de contenus protégés dans la formation de systèmes d’IA générative. Anthropic fait déjà face à des poursuites intentées par d’autres sociétés du marché de l’édition musicale, notamment Universal Music Publishing Group, Concord, ABKCO, BMG et Round Hill Music.

En juillet, la justice nord-américaine a définitivement approuvé un accord de 1,5 milliard de dollars entre Anthropic et des auteurs qui accusaient l’entreprise d’utiliser des livres téléchargés depuis des bibliothèques piratées. Le cas précédent a contribué à remettre une question au centre du débat : non seulement à quoi sert une œuvre par l’intelligence artificielle, mais aussi comment elle a été obtenue.

Le processus arrive à un moment stratégique

Cette décision intervient également alors qu’Anthropic se prépare à une éventuelle introduction en bourse. Les investisseurs et les institutions financières évaluent des scénarios qui pourraient placer la valeur de l’entreprise à près de 2 000 milliards de dollars, même si ce chiffre reste une projection du marché.

Le processus ne fait que commencer. Néanmoins, sa portée peut aider à définir la manière dont les entreprises d’intelligence artificielle doivent négocier les licences, documenter leurs bases de données et rémunérer les propriétaires des œuvres utilisées dans le développement de nouveaux modèles.

L’industrie musicale affirme que les technologies peuvent tirer des leçons des grands catalogues, mais celui qui contrôle ces chansons veut participer au choix des conditions, des crédits et de la rémunération.

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En tant que fondateur et éditeur en chef, Sylvain inspire et guide l'équipe avec une passion indéfectible pour le jazz. Ses contributions reflètent une vision claire et déterminée pour un média qui encourage l'appréciation, la découverte, et le respect des traditions du jazz. Sa connaissance profonde du genre et son dévouement à la culture du jazz l'ont amené à créer Version Standard en 2020, combler une lacune dans le paysage numérique et offrir aux amateurs du jazz une plateforme inclusive et exhaustive.

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