Quand on évoque les grands films de gangsters, les mêmes titres reviennent presque toujours : Le Parrain, Les Affranchis, Scarface, parfois Casino. Pourtant, un autre monument du genre reste souvent en retrait dans la mémoire du grand public, alors qu’il est régulièrement cité par les cinéphiles comme l’un des films les plus puissants jamais consacrés au crime organisé.
Ce film, c’est Il était une fois en Amérique, réalisé par Sergio Leone et sorti en 1984.
Moins spectaculaire dans son aura populaire que Scarface, moins immédiatement iconique que Le Parrain, le film n’en demeure pas moins une œuvre immense, à la fois fresque criminelle, drame intime et méditation sur le temps.
Un film de gangsters pas comme les autres
Avec Robert De Niro et James Woods, Il était une fois en Amérique raconte plusieurs décennies dans la vie de gangsters juifs new-yorkais, depuis leur enfance dans les rues pauvres du Lower East Side jusqu’à leur ascension dans le crime organisé.
Mais Sergio Leone ne filme pas seulement des braquages, des règlements de comptes ou des trahisons. Il filme surtout la mémoire. Le film avance par fragments, retours en arrière, regrets et souvenirs déformés. On ne regarde pas simplement l’histoire d’un gangster : on entre dans la conscience d’un homme hanté par ce qu’il a perdu.
C’est ce qui le distingue des grands classiques américains du genre. Là où Scarface explose dans la démesure, Il était une fois en Amérique s’installe dans la mélancolie.
Une sortie chaotique qui a abîmé sa réputation
Si le film a longtemps semblé moins visible que d’autres chefs-d’œuvre du genre, c’est aussi à cause de son histoire compliquée. Aux États-Unis, il a été exploité dans une version fortement remontée, raccourcie et chronologique, qui dénaturait profondément le projet de Leone.
Cette version a brouillé sa réception. Il a fallu du temps pour que la version longue soit réhabilitée et que le film retrouve son statut réel : celui d’une œuvre majeure, probablement l’une des plus ambitieuses jamais réalisées sur le crime, l’amitié et la culpabilité.
Robert De Niro dans l’un de ses rôles les plus sombres
Robert De Niro y incarne Noodles, un personnage moins flamboyant que Tony Montana, moins noble que Michael Corleone, mais peut-être plus tragique. Il n’est pas seulement un criminel. Il est un homme qui vieillit avec ses fautes, ses lâchetés et ses fantômes.
Face à lui, James Woods apporte une nervosité froide, presque venimeuse, qui donne au film une tension permanente.
Le grand film de gangsters que beaucoup redécouvrent trop tard
Il était une fois en Amérique n’est pas un film facile. Il est long, lent, sombre, parfois dérangeant. Mais c’est précisément cette ampleur qui en fait un choc.
Ce n’est pas seulement un film de gangsters. C’est un film sur le prix d’une vie passée à confondre ambition, loyauté et destruction. Trente ans après sa sortie, il reste l’un des sommets du genre.
