Pendant des années, les CD et les disques vinyles semblaient destinés à occuper uniquement un espace affectif sur les étagères. Mais le marché de la musique montre que les objets du passé peuvent aussi trouver de nouvelles fonctions dans le présent. Et parallèlement aux ventes, de nouvelles opportunités publicitaires commencent à émerger.
Le mouvement s’est encore renforcé en 2026. Aux États-Unis, les données publiées cette semaine par la RIAA montrent que les revenus des CD ont augmenté de manière significative de 58,6 % au premier semestre, tandis que le marché américain de la musique enregistrée a augmenté de près de 7 % sur la période.
Le vinyle, quant à lui, n’est plus seulement une tendance passagère. Selon l’IFPI, les revenus mondiaux des formats physiques ont augmenté de 8 % en 2025, portés principalement par la hausse de 13,7 % du vinyle, qui réalise sa 19e année consécutive de croissance.
Des étagères à la publicité
Crédit image : Reproduction/LinkedIn/Mark Charles/Victrola
Il est intéressant de noter que cette croissance ne produit pas simplement une nouvelle vague de publicités pour les CD et les platines.
La publicité trouve d’autres voies.
Éditions limitées, vinyles colorés, pochettes alternatives, produits exclusifs, événements en magasin et collaborations entre artistes et fabricants commencent à fonctionner comme des outils promotionnels et, en même temps, comme des produits pour les collectionneurs.
Un exemple vient du fabricant traditionnel de tourne-disques Victrola. En mai, la société a établi une opération à Nashville spécifiquement dédiée aux partenariats, collaborations et activations. La stratégie est arrivée après des projets tels qu’un tourne-disque développé en partenariat avec Third Man Records de Jack White, ainsi que des actions impliquant des artistes tels que Luke Combs et Jordan Davis.
L’entreprise elle-même a commencé à présenter ses collaborations comme des produits combinant design, narration et musique, transformant le système audio en une partie de l’expérience d’une marque ou d’un artiste.
Le vinyle est également devenu une plateforme pour les marques

Crédit image : Publicité/Bowers & Wilkins
Un autre bon thermomètre est le Record Store Day.
L’édition britannique 2026 a rassemblé plus de 300 magasins indépendants et environ 300 maisons de disques, avec une audience potentielle de plus de 300 millions de personnes. L’événement offre officiellement aux entreprises la possibilité de développer des campagnes associées à la culture des disquaires.
Les partenaires comprennent des entreprises directement liées à l’univers audio, comme Bowers & Wilkins, ainsi que des véhicules et des marques de communication d’autres segments. L’équipementier audio a par exemple cette année encore soutenu l’événement en associant ses produits à l’expérience de l’écoute du vinyle.
Et il ne s’agit pas seulement de publicité conventionnelle. Lors du Record Store Day, les magasins ont accueilli des présentations, des sessions avec des artistes, des DJ et des sorties exclusives, transformant le point de vente en une véritable expérience musicale.
Un marché qui dépasse le record
Le retour des formats physiques crée des opportunités pour toute une chaîne de produits : tourne-disques, enceintes, casques, accessoires, meubles, magasins spécialisés et matériel audio.
Pour les marques, il existe également un ingrédient particulièrement attractif : les CD et les vinyles ne sont plus seulement des moyens d’écouter de la musique. Pour une partie du public, ils deviennent des objets de collection, de décoration et d’identité.
Cela explique pourquoi tant de stratégies actuelles se concentrent sur l’exclusivité, les éditions spéciales et les expériences, au lieu de simplement annoncer un nouvel album.
Il n’existe pas encore de données consolidées permettant d’affirmer que les investissements publicitaires ont augmenté au même rythme que les ventes de CD et de vinyles. Cependant, ce que l’on peut déjà observer, c’est un mouvement croissant d’entreprises pour occuper ce marché.
Après avoir survécu à la révolution du streaming, les formats physiques semblent trouver un nouveau rôle : en plus de vendre de la musique, ils contribuent également à vendre des expériences, des équipements et des marques.
