THE HONEYDRIPPERS : LE PROJET QUI A RÉVÉLÉ L'AUTRE CÔTÉ DE L'USINE ROBERT

Sylvain

Un EP, une chanson devenue un hit, et la preuve que parfois les projets parallèles sont les plus mémorables. L'histoire de la façon dont « Sea of ​​​​Love » a pris le dessus sur les charts en 1985.

Il y a une sorte d'histoire que seule la musique peut raconter : celle où l'un des plus grands rockers de tous les temps décide de tout laisser tomber et d'enregistrer le rythme et le blues des années 50. Cela vous semble-t-il trop radical ? Eh bien, c'est exactement ce que Robert Plant a fait avec The Honeydrippers.

Le projet auquel personne ne s’attendait

En 1981, Led Zeppelin vient de se séparer et Robert Plant se trouve à un tournant dans sa carrière. Alors que beaucoup penseraient à un album solo traditionnel, Plant a une autre idée : réunir un groupe d'amis musiciens et revisiter le rock'n'roll et le R&B qui l'ont inspiré quand il était jeune.

L'idée a pris forme lorsqu'Ahmet Ertegun, l'un des dirigeants les plus importants d'Atlantic Records, a vu une opportunité. Ertegun souhaitait enregistrer un répertoire de chansons des années 1950 avec Plant à la barre, profitant de son goût pour ce matériau. Plant avait déjà joué ces standards avec un groupe d'accompagnement, donc la transformation de l'idée en sortie officielle était naturelle.

Ainsi sont nés The Honeydrippers : non pas un groupe figé, mais un rassemblement de musiciens forts autour d'un concept bien précis.

La formation d'un supergroupe

C'est ici que les choses deviennent intéressantes. Les Honeydrippers n’étaient pas un groupe ordinaire. C'était un supergroupe de luxe.

En plus de Robert Plant, le projet présentait à différentes époques des noms comme Jimmy Page (oui, ce Jimmy Page de Led Zeppelin), Jeff Beck, Nile Rodgers et Paul Shaffer. Il ne s'agissait pas d'un casting fixe, mais plutôt d'une jam session d'élite, où chaque session en studio pouvait faire ressortir une combinaison différente de talents.

Cela donnait au groupe un caractère particulier : ce n'était pas un groupe qui allait faire le tour du monde. C'était un projet de studio, conçu pour capturer un moment précis et un son bien défini.

L'EP devenu légende

Crédit image : Reproduction/Robert Plant

En novembre 1984, les Honeydrippers sortent leur seul EP : « The Honeydrippers : Volume One ». Le nom indiquait clairement qu'il s'agissait d'un seul volume, suggérant qu'il pourrait y en avoir davantage. Spoiler : il n’y en avait pas.

Mais cet EP était suffisant.

Le grand succès fut la version de « Sea of ​​​​Love », une chanson originale de Phil Phillips de 1959. La chanson était déjà un standard du rock'n'roll romantique et du doo-wop, mais lorsque les Honeydrippers l'ont réenregistrée, quelque chose de magique s'est produit.

« Rockin' at Midnight » a également été répertorié, mais c'est « Sea of ​​​​Love » qui a vraiment décollé.

« Mer d'Amour » : La Carte de Visite

Lorsque « Sea of ​​​​Love » est sorti en single, le succès a été immédiat. La chanson a atteint la troisième place du Billboard Hot 100 au début de 1985 et a passé environ 20 semaines dans le classement. Pour mettre les choses en perspective : dans les années 80, c’était énorme.

La version des Honeydrippers avait tout pour plaire : l'élégance de Plant chantant un classique, la sophistication d'une production de premier ordre et cette nostalgie raffinée qui donnait envie de danser un slow dans un bar de jazz en sirotant une boisson chère.

Plant était tellement enthousiasmé par le succès qu'il a même déclaré qu'ils pourraient enregistrer un album complet. Les fans attendaient. Mais cet album n'est jamais arrivé.

Le single qui a marqué une époque

« Sea of ​​​​Love » est le morceau qui définit l'identité publique des Honeydrippers : un projet de luxe, avec Plant sortant de l'ambiance lourde de Led Zeppelin et plongeant dans une nostalgie R&B raffinée. Ce n'était pas du heavy rock. Ce n'était pas expérimental. C'était juste du bon goût musical capturé sur un enregistrement.

Le succès de la chanson a montré que Robert Plant pouvait se réinventer en dehors du hard rock tout en touchant un public de masse. En termes historiques, « Sea of ​​​​Love » est l'exemple le plus clair de la façon dont un projet apparemment parallèle peut finir par devenir l'un des chapitres les plus mémorables de la carrière d'un artiste.

Le côté le plus intelligent de Robert Plant

Voici le détail qui rend tout cela spécial : les Honeydrippers n'étaient pas une échappatoire pour Plant de sa carrière principale. C'était une exploration. C'était lui qui disait : « Hé, j'aime ça aussi. Je suis aussi fan de cette chanson. Laisse-moi bien faire ça. »

Alors que de nombreux artistes essaient de faire des projets parallèles et finissent par paraître déplacés, Plant and the Honeydrippers avait l'air d'être comme chez eux. L'élégance, la sophistication, le choix de la musique classique, tout a fonctionné parce que c'était authentique.

L'héritage

Les Honeydrippers ont laissé un héritage disproportionné à leur taille. Ils ont montré qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un album entier pour écrire l’histoire. Vous n'avez pas besoin d'un tour du monde. Parfois, un EP bien fait, avec une chanson qui joue bien, suffit.

« Sea of ​​​​Love » continue d'être diffusé à la radio, dans les films, lors des mariages. C'est une de ces chansons qui transcende le moment de sa sortie et devient partie intégrante de la culture pop.

Et tout a commencé parce que Robert Plant souhaitait revisiter les années 50 avec un groupe d'amis musiciens.

« Mer d'amour » sur Antena 1

Le morceau, toujours présent dans la programmation d'Antena 1, représente un retour aux années 50 et a acquis une nouvelle notoriété en atteignant la troisième place des charts il y a plus de 40 ans.

En même temps, il révèle une autre facette de Robert Plant, en plus de celle consacrée dans « Whole Lotta Love » de Led Zeppelin – tous deux remarquables à leur manière.

Ce contraste contribue à expliquer la dimension d'un grand artiste : la capacité de se déplacer de manière cohérente entre différents styles, époques et phases de carrière.

Rencontrez Sylvain, l'âme derrière Version Standard.

En tant que fondateur et éditeur en chef, Sylvain inspire et guide l'équipe avec une passion indéfectible pour le jazz. Ses contributions reflètent une vision claire et déterminée pour un média qui encourage l'appréciation, la découverte, et le respect des traditions du jazz. Sa connaissance profonde du genre et son dévouement à la culture du jazz l'ont amené à créer Version Standard en 2020, combler une lacune dans le paysage numérique et offrir aux amateurs du jazz une plateforme inclusive et exhaustive.

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