Un livre rassemble des disques peu connus choisis par Dolly Parton, Billie Eilish et d’autres artistes

Sylvain

Quels sont les artistes que les musiciens eux-mêmes écoutent lorsqu’ils veulent échapper aux classiques habituels ? Une nouvelle publication rassemble précisément ce type de réponses. Au lieu de dresser une énième liste d’albums jugés indispensables par la critique, « On the Records » invite 80 artistes à choisir des enregistrements qui ont marqué leur vie, mais qui n’ont pas forcément reçu la même attention de la part du public.

Les participants comprennent Dolly Parton, Billie Eilish, Erykah Badu, Chris Stapleton, Brian Eno, Black Thought et Laufey. Le livre sort en librairie en novembre et transforme ces choix personnels en une sorte de feuille de route pour ceux qui souhaitent découvrir la musique hors des sentiers les plus évidents.

Dolly a choisi un souvenir de famille

L’apparence de Dolly Parton a une composante particulièrement personnelle. La chanteuse a choisi « Mama Sings », un recueil sorti en 2024 avec des enregistrements réalisés par sa mère, Avie Lee Parton.

L’album rassemble des chansons traditionnelles enregistrées par la mère de Dolly il y a des décennies et publiées seulement plus tard. Ce choix montre à quel point un enregistrement peut gagner en importance non seulement pour sa valeur musicale, mais aussi pour véhiculer des souvenirs familiaux et contribuer à préserver une partie de l’histoire de ceux qui l’ont créé.

Le choix de Dolly Parton est lié à ses propres racines familiales, aux enregistrements laissés par sa mère

Billie Eilish pointe une référence moins évidente

Billie Eilish a pris une autre voie. Le chanteur a choisi « Shake Shook Shaken », un album de 2014 du duo franco-finlandais The Dø.

La relation de Billie avec le disque était déjà connue. Dans une précédente interview, elle a déclaré que l’œuvre avait changé sa façon de voir la musique et l’a même soulignée comme l’une des principales sources d’inspiration lors de la production de Happier Than Ever.

Aujourd’hui, cette référence réapparaît parmi les choix de l’artiste, aux côtés d’autres découvertes faites par des musiciens de différentes générations.

Des classiques oubliés aux enregistrements difficiles à trouver

La proposition de Sur les dossiers il s’agit précisément d’élargir la conversation sur ce qui mérite d’être entendu. Les choix incluent des œuvres qui ont été laissées à l’écart du circuit grand public, des albums indépendants, des enregistrements épuisés et des albums qui n’ont tout simplement pas trouvé le public attendu par leurs créateurs.

Parmi les recommandations figurent « Sign o’ the Times », de Prince, choisi par Erykah Badu ; « Real Time », de Tim O’Brien et Darrell Scott, nominé par Chris Stapleton ; et « First Family 4 Life », de MOP, rappelé par Black Thought, de The Roots.

La liste traverse également les styles et les époques. Il y a du jazz, de la musique électronique, de la soul, du rock, du hip-hop, de la musique expérimentale et des enregistrements traditionnels, renforçant l’idée qu’une bonne référence peut apparaître dans des endroits très différents.

Une alternative aux recommandations algorithmiques

Ce livre arrive à un moment où la découverte de la musique est de plus en plus liée aux recommandations automatiques des plateformes numériques. Sur les dossiers propose précisément le mouvement inverse : demander directement aux musiciens quelles œuvres, selon eux, devraient recevoir plus d’attention.

Le résultat est moins une liste définitive des « meilleurs albums » qu’une collection d’indices laissés par ceux qui font de la musique. Chaque choix révèle quelque chose sur l’artiste qui l’a réalisé : ses influences, ses souvenirs et ses curiosités.

Prévue pour le 17 novembre, la publication rassemble les textes et rapports des 80 participants et met également l’accent sur le matériel visuel, avec des reproductions de couvertures et un projet conçu pour être consulté et revisité. Une partie des bénéfices des auteurs sera reversée à des organisations travaillant sur l’accès aux technologies auditives et à l’éducation des enfants sourds et malentendants.

Rencontrez Sylvain, l'âme derrière Version Standard.

En tant que fondateur et éditeur en chef, Sylvain inspire et guide l'équipe avec une passion indéfectible pour le jazz. Ses contributions reflètent une vision claire et déterminée pour un média qui encourage l'appréciation, la découverte, et le respect des traditions du jazz. Sa connaissance profonde du genre et son dévouement à la culture du jazz l'ont amené à créer Version Standard en 2020, combler une lacune dans le paysage numérique et offrir aux amateurs du jazz une plateforme inclusive et exhaustive.

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