Marjane Satrapi, auteur franco-iranienne de la bande dessinée « Persépolis », est décédée à 56 ans

Sylvain

Par Hugo Lhomedet

PARIS, 4 juin (Reuters) – Marjane Satrapi, artiste, cinéaste et auteure du roman graphique autobiographique « Persépolis », est décédée à l'âge de 56 ans, a annoncé jeudi le bureau du président français Emmanuel Macron.

« Sa disparition représente la perte d'une figure de la culture française et d'une artiste passionnée de liberté, dont l'œuvre était porteuse d'un message universel et lui a valu une immense renommée internationale », a déclaré l'Élysée dans un communiqué.

Un communiqué publié par des membres de sa famille à l'AFP indique qu'elle est décédée de « tristesse », un peu plus d'un an après le décès de son mari, l'acteur, producteur et scénariste suédois Mattias Ripa. Il n'y avait aucune autre information sur la cause de son décès.

Née en 1969, Satrapi passe son enfance à Téhéran, dans une famille communiste. Ses parents l'ont envoyée à Vienne lorsqu'elle était adolescente, avant de retourner en Iran pour étudier les beaux-arts puis de s'installer en France, à Strasbourg.

Elle s'est inspirée de cette vie de révolution, d'exil et de retour à « Persépolis », un mémoire en noir et blanc relatant son enfance pendant et après la révolution islamique de 1979 en Iran. Le livre connaît un succès international et est ensuite adapté en film d'animation, qui remporte le prix du jury à Cannes et est nominé pour un Oscar.

Le travail de Satrapi mélangeait défi politique, humour noir et style visuel épuré, faisant d'elle l'une des romancières graphiques les plus connues de sa génération. Il réalise ensuite des films tels que « Poulet aux prunes », « Les Voix » et « Radioactive », sur la scientifique Marie Sklodowska Curie.

Satrapi a également créé un triptyque en laine de neuf mètres pour les Jeux olympiques de Paris 2024, montrant des athlètes concourant autour de la Tour Eiffel.

Satrapi est également devenue une voix éminente sur l'exil, la liberté des femmes et l'autoritarisme, utilisant fréquemment sa tribune publique pour dénoncer la répression en Iran.

En 2025, elle a refusé la Légion d'honneur, « l'ordre de mérite le plus élevé de France, invoquant « l'attitude hypocrite » de la France à l'égard de l'Iran, ont rapporté les médias français.

« Je ne peux pas continuer à regarder les enfants des oligarques iraniens passer leurs vacances en France, voire se faire naturaliser, alors qu'en même temps les jeunes dissidents ont du mal à obtenir un visa touristique pour venir voir ce que c'est au pays des Lumières et des droits de l'homme », écrivait-elle à l'époque.

(Reportage de Hugo Lhomedet)

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